Le nom Côte Saint-Luc

Le nom de Côte Saint-Luc est sans doute presque aussi ancien que l'établissement de Ville-Marie. Il est, en tout cas, antérieur au dernier tiers du XVIIe siècle. À cette époque, il apparaît, en effet, sur le « terrier » des Seigneurs de l'île de Montréal, où l'on peut voir le « Coteau St-Pierre » (devenu depuis Notre-Dame-de-Grâces), limité au nord-ouest par la « Côte St-Luc » et au nord-est par la « Côte des Neiges » .

La montée qui accédait par le nord-ouest au Coteau St-Pierre — lequel était d'ailleurs plus exactement un plateau — explique le nom de « Côte ». Mais, en ce qui concerne le vocable de « Saint-Luc », l'historien en est réduit aux conjectures. Il faut certainement voir là une de ces intentions pieuses qui ont valu à d'innombrables lieux de la province de Québec des noms de saints. Dans certains cas, le choix de tel ou tel saint répond à des raisons qui nous sont connues. L'actuelle rue St-Norbert, par exemple, s'appelait autrefois rue « Forretier » ou rue « St-Pierre » . Pour Côte St-Luc, on ne possède aucune indication analogue, mais il est permis de penser que, comme il était alors fréquent à l'époque, celui qui baptisa, si l'on peut dire, l'endroit lui donna le nom de son saint patron.

La colonisation de l'île se fit progressivement, on le sait, en partant de la rive du fleuve. Elle n'atteignit le Coteau St-Pierre qu'à la fin du XVIIe siècle. La première concession de terre sur le Coteau fut faite en 1687 à Pierre Hurtubise. Jusque vers 1700, la forêt et la prairie continuèrent à régner sur la Côte St-Luc et on n'y pratiqua guère que la chasse. La tradition affirme d'ailleurs que la Côte St-Luc était particulièrement giboyeuse.

Mais les habitants de Montréal n'avaient pas été sans remarquer la richesse du sol à la Côte St-Luc. Le défrichement y commença dès le début du XVIIIe siècle. Ainsi s'ouvrait l'ère agricole de Côte St-Luc, période qui devait durer près de deux siècles, puisqu'en 1900 la culture et l'élevage étaient encore les principales ressources de Côte St-Luc.

Jusqu'en 1964, l'hôtel de ville était situé dans l'ancienne maison de M. Pierre Lemieux, qui fut maire de 1905 à 1909 et de 1912 à 1938. Le dernier hôtel de ville est situé sur le boulevard Cavendish.

Le secteur de Côte St-Luc est essentiellement résidentiel. Son système d'égout, commencé en 1951 et terminé en 1953, est l'un des plus modernes en Amérique du Nord. Notons enfin que, sur le territoire de Côte Saint-Luc, est située une très importante et ultra moderne gare de triage du chemin de fer Pacifique Canadien.