Le 27 janvier marque la Journée internationale dédiée à la mémoire des victimes de l’Holocauste ainsi que le 81e anniversaire de la libération du camp de concentration d’Auschwitz.
L’Holocauste, ou la Shoah en hébreu, désigne la période allant de 1933 à 1945 durant laquelle les Juifs d’Europe ont été victimes d’une persécution étatique de plus en plus brutale, menant ultimement à l’assassinat de six millions de Juifs, dont 1,5 million d’enfants.
Les Juifs assassinés n’étaient pas des victimes collatérales des combats qui ont ravagé l’Europe pendant la Deuxième Guerre mondiale, mais bien les cibles d’une tentative délibérée et systématique de l’Allemagne nazie visant à anéantir l’ensemble de la population juive d’Europe.
Durant l’Holocauste, les autorités nazies ont également persécuté d’autres groupes, notamment des civils et des prisonniers de guerre soviétiques, des civils polonais et serbes, des Roms (Tsiganes), des personnes vivant avec un handicap, des Témoins de Jéhovah, des opposants politiques allemands et des membres de la résistance, ainsi que des personnes homosexuelles.
L’Holocauste a pris fin lorsque les soldats des nations alliées ont vaincu l’Allemagne nazie et libéré les quelque 40 000 camps et autres lieux de détention. En avril 1945, des soldats canadiens ont contribué à la libération du camp de transit de Westerbork, aux Pays-Bas, et des unités canadiennes intégrées à l’armée britannique ont participé à la libération du camp de concentration de Bergen-Belsen.
Avant l’Holocauste, l’Europe abritait une culture juive riche et florissante. En 1945, la majorité des Juifs européens — soit deux sur trois — avaient été assassinés, et environ 5 000 communautés juives avaient été détruites.
Bien que la libération des camps de concentration ait mis fin à la pire période de persécution, de nombreux survivants juifs ont dû demeurer pendant plusieurs années dans des camps de personnes déplacées mis en place par les Alliés. Contrairement à d’autres populations déplacées qui pouvaient retourner dans leur pays d’origine, les survivants juifs, particulièrement ceux d’Europe de l’Est, retrouvaient souvent leurs communautés détruites et faisaient face à un antisémitisme violent et parfois meurtrier. Ainsi, alors que la majorité des personnes déplacées non juives ont été rapatriées ou réinstallées entre 1946 et 1947, de nombreux survivants juifs sont demeurés dans ces camps jusqu’au début des années 1950. Plusieurs pays, dont les États-Unis et le Canada, maintenaient alors des quotas d’immigration stricts qui ont retardé l’accueil des survivants.
La majorité des survivants de la communauté juive européenne ont finalement choisi de quitter l’Europe. Des centaines de milliers d’entre eux ont refait leur vie en Israël, aux États-Unis, au Canada, en Australie, en Grande-Bretagne, en Amérique du Sud et en Afrique du Sud.
Plus de 40 000 survivants de l’Holocauste se sont établis au Canada, dont plus de 9 000 dans la région de Montréal, notamment à Côte Saint-Luc.
Côte Saint-Luc rend hommage à la mémoire de l’Holocauste par la désignation de rues et de parcs. Le chemin Wallenberg porte le nom de Raoul Gustav Wallenberg, un diplomate suédois qui a sauvé la vie d’environ 15 000 Juifs hongrois pendant l’Holocauste. La place Yad Mordechai est nommée en l’honneur de Mordecai Anielewicz, commandant de l’insurrection du ghetto de Varsovie. Le parc Elie-Wiesel porte le nom de l’écrivain, enseignant et militant lauréat du prix Nobel, reconnu pour son livre La Nuit, dans lequel il raconte son expérience de survivant de l’Holocauste. Des plaques commémoratives installées dans le parc soulignent son héritage et offrent de l’information sur l’Holocauste.