Côte Saint-Luc, le 2 mai 2025 —Le mois de mai marque le Mois du patrimoine juif canadien, un moment pour réfléchir aux contributions durables des communautés juives à travers le Canada—et plus particulièrement ici au Québec.
La Ville de Côte Saint-Luc est fière d’abriter la plus grande population juive du Québec. Cette communauté dynamique a façonné la vie civique, culturelle et intellectuelle de notre province depuis des générations. Bien que l’immigration juive à grande échelle ait commencé à la fin des années 1800, les racines de la vie juive au Québec remontent à bien plus loin.
La présence juive au Québec remonte à l’époque coloniale française, avec des figures comme Esther Brandeau, arrivée dès 1738. Après la conquête britannique, les restrictions légales ont progressivement été levées. Un moment marquant survient en 1807, lorsque Ezekiel Hart, de Trois-Rivières, est élu à l’Assemblée législative du Bas-Canada—le premier Juif élu à une fonction publique dans tout l’Empire britannique. Fait remarquable, les Juifs ont obtenu au Québec des droits politiques complets des décennies avant que ceux-ci soient reconnus à Londres.
Au début des années 1900, des dizaines de milliers de réfugiés juifs fuyant les persécutions en Europe de l’Est arrivent à Montréal. Ils s’installent le long du boulevard Saint-Laurent—alors surnommé « The Main »—et y forment une communauté d’immigrants soudée qui contribue à l’essor du commerce, de l’industrie du vêtement, de l’éducation et des arts. Comme le souligne l’historien Pierre Anctil, le yiddish a déjà été la troisième langue la plus parlée à Montréal, après le français et l’anglais.
Un exemple emblématique d’intégration est celui de Steinberg, la célèbre chaîne d’épiceries fondée par Sam Steinberg. À partir d’un seul magasin montréalais dans les années 1920, l’entreprise est devenue l’une des plus grandes chaînes d’alimentation au Canada. Steinberg a employé des milliers de Québécois, y compris de nombreux francophones, et est devenue un symbole de coopération entre les communautés juive et francophone.
La communauté juive a également été une force motrice dans les domaines de la justice sociale, de l’organisation syndicale, et de la défense des droits civils et des travailleurs. De nombreux militants juifs ont joué un rôle clé pendant les décennies de transformation de la Révolution tranquille, œuvrant aux côtés des francophones pour bâtir un Québec plus juste et inclusif. Comme l’a écrit Daniel Lacasse dans Les Juifs de la Révolution tranquille, la communauté juive a été « actrice du changement au Québec dans les années 1940, 1950 et 1960 — et cela mérite d’être reconnu pour comprendre la diversité du Québec d’aujourd’hui. »
Des figures telles que Léa Roback, pionnière du féminisme et militante syndicale ; David Lewis, cofondateur de la CCF et du NPD ; et Bernard Mergler, avocat en libertés civiles et défenseur de la réforme démocratique, font partie de cet héritage.
Les Juifs québécois ont été à l’avant-garde de la défense des libertés civiles, de l’avancement de la santé publique et du renforcement des ponts entre les communautés. Malgré leur nombre relativement restreint, leurs contributions au Québec sont considérables, et ont enrichi le monde entier à travers des artistes, scientifiques et bâtisseurs comme Leonard Cohen, Rosalie Silberman Abella, Mark Wainberg, William Shatner, Irwin Cotler, Saidye Bronfman et la famille Bronfman, David Azrieli, Michael Goldbloom, Sheila Finestone, Sam Steinberg, et bien d’autres.
Comme le rappelle Pierre Anctil, ce n’est pas seulement une histoire juive—c’est une histoire québécoise. Le Mois du patrimoine juif nous invite à réfléchir à cette histoire partagée, à en apprendre davantage et à célébrer les valeurs d’ouverture, de diversité et de respect mutuel.
Le Mois du patrimoine juif a été officiellement reconnu par le Parlement du Canada en mars 2018, par l’adoption unanime du projet de loi S-232.
CITATIONS
« Côte Saint-Luc a une communauté juive dynamique et engagée qui ne tient pas pour acquis que le Québec et le Canada aient été un havre de paix—un lieu de refuge et d’opportunités. Cette profonde reconnaissance s’exprime chaque jour à travers les contributions des Juifs canadiens à la vie civique, aux arts, à la médecine, à l’éducation et à la justice sociale. Le Mois du patrimoine juif est un moment pour honorer cet héritage et célébrer les valeurs que nous partageons tous. » – Mitchell Brownstein, maire de Côte Saint-Luc
« L’engagement de la communauté juive envers la justice sociale et les droits des travailleurs ne tient pas du hasard—il s’ancre profondément dans l’histoire et la tradition. De nombreux immigrants juifs arrivés au Québec venaient d’Europe de l’Est, où ils avaient connu l’oppression, l’exclusion professionnelle et la persécution politique. Ils ont apporté avec eux non seulement un attachement à l’éducation et à la communauté, mais aussi un sens aigu de la responsabilité envers les plus vulnérables. Ils sont devenus des leaders dans la création de syndicats, la défense des libertés civiles et la promotion de l’égalité pour tous les Québécois. C’est un héritage que nous sommes fiers de souligner pendant le Mois du patrimoine juif. » – Dida Berku, conseillère municipale