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Résolution pour la paix civile, la sécurité publique et la cohésion sociale

Le Conseil d’agglomération de Montréal a adopté à l’unanimité la Résolution pour la paix civile, la sécurité publique et la cohésion sociale le jeudi 27 août 2026. Proposée par le maire David Tordjman de Côte Saint-Luc et appuyée par le maire Michael Stern de Westmount, la résolution lit comme suit :

Résolution pour la paix civile, la sécurité publique et la cohésion sociale

ATTENDU QUE l’agglomération de Montréal incluant la Ville de Montréal et les 15 villes indépendantes reconstituées (ci-après l’agglomération de Montréal) est fondée sur les principes de la démocratie et les valeurs de dignité humaine, de justice, d’égalité et de coexistence interculturelle pacifique;

ATTENDU QUE l’agglomération de Montréal exerce sur l’ensemble de son territoire certaines compétences jugées d’intérêt collectif, qui, plutôt que d’être exercées distinctement par les municipalités liées, sont exercées par l’agglomération, à savoir en particulier, la compétence de la Sécurité Publique incluant le service de Police;

ATTENDU QUE l’agglomération de Montréal a pour responsabilité fondamentale d’assurer la sécurité publique, de préserver la cohésion sociale, de favoriser une participation égale à la vie civique et de sauvegarder la dignité, la sécurité et les libertés de chaque personne résidante sur le territoire de l’agglomération de Montréal;

ATTENDU QUE la critique des gouvernements et des politiques publiques constitue un aspect légitime et protégé d’une société démocratique; l’intimidation, la discrimination, le harcèlement, la violence, la culpabilisation collective, la déshumanisation ou le ciblage direct ou indirect de personnes en raison de leur religion, de leur ethnicité, de leur ascendance, de leur origine nationale ou de leurs affiliations supposées sont fondamentalement incompatibles avec les principes d’égalité, de sécurité publique et de cohésion sociale;

ATTENDU QUE l’agglomération de Montréal ne sont ni responsable du règlement des conflits internationaux ni en mesure de les résoudre, et que les institutions municipales doivent demeurer axées sur les questions locales relevant de leur compétence et de leurs responsabilités légales;

ATTENDU QUE, malgré des épisodes antérieurs de menaces, d’intimidation, de harcèlement, de déshumanisation, de vandalisme, de crimes motivés par la haine, de violence et de menaces de violence, ainsi que d’exclusion, de discrimination institutionnelle et de marginalisation civique, visant des résidents juifs, des écoles juives, des synagogues, des institutions communautaires juives et des commerces juifs;

ATTENDU QUE ces actes et épisodes comprenaient également des politiques et pratiques empêchant des personnes juives d’occuper certaines fonctions, d’exercer leur profession ou d’accéder à des espaces publics;

ATTENDU QUE ces actes et épisodes étaient fondés sur la discrimination en raison de l’ethnicité, de la religion, de l’ascendance, de l’origine nationale ou des affiliations supposées des personnes juives, incluant d’antisémitisme et de toutes les formes contemporaines d’antisémitisme;

ATTENDU QUE, la communauté juive de Montréal fait partie intégrante du territoire de l’agglomération de Montréal depuis près de trois cents ans, la présence juive à Montréal étant ininterrompue depuis les années 1760; malgré les épreuves énonces, la communauté juive de Montréal a toujours contribué à la société québécoise en fondant des hôpitaux, des écoles, des bibliothèques, des réseaux de services sociaux, des institutions culturelles, des centres communautaires, des organismes philanthropiques et des lieux de mémoire qui ont renforcé la société québécoise et servi des personnes de toutes origines;

ATTENDU QUE les principes de diversité, d’équité, d’inclusion et de lutte contre la discrimination exigent que toutes les communautés soient protégées contre la racialisation, la culpabilisation collective, la discrimination fondée sur l’identité, l’exclusion, l’intimidation et les traitements inéquitables, et que de nombreuses personnes juives montréalaises ont subi ces préjudices en raison d’actes avérés d’antisémitisme et d’une minimisation ou d’un rejet de leurs expériences vécues ce qui est de nature à porter atteinte à leur sentiment d’égalité en matière de sécurité, de dignité, d’appartenance et de participation à la vie civique;

ATTENDU QUE, depuis le 7 octobre 2023—date du plus grand massacre de personnes juives depuis l’Holocauste—, l’agglomération de Montréal a connu une hausse documentée des incidents antisémites et que, selon les données les plus récentes de la GRC, les personnes juives sont la cible de plus de 70 % des crimes haineux motivés par la religion au Canada, bien qu’elles ne représentent qu’un pour cent ou moins de la population;

ATTENDU QUE, depuis le 7 octobre 2023, la communauté juive de l’île de Montréal a subi des centaines d’incidents antisémites (les données du SPVM faisant état de 212 incidents entre le 7 octobre 2023 et la fin de l’année 2024), tel que de l’intimidation et du vandalisme dans les universités, les cégeps, les écoles secondaires et d’autres institutions à travers la Ville, notamment :

  • des coups de feu tirés contre deux écoles juives de Montréal (novembre 2023);
  • le lancement d’engins incendiaires sur la synagogue de la congrégation Beth Tikvah à Dollard-des-Ormeaux (novembre 2023, puis de nouveau en décembre 2024) ainsi que sur un centre communautaire voisin;
  • une tentative d’attaque par engin incendiaire contre une synagogue de Côte Saint-Luc (octobre 2024);
  • l’agression d’un homme visiblement juif à Villeray–Saint-Michel–Parc-Extension (août 2025);
  • une tentative d’incendie criminel au Temple Emanu-El-Beth Sholom à Westmount (juin 2026);
  • le harcèlement et l’intimidation répétés de personnes juives montréalaises, y compris l’encerclement d’étudiants juifs dans un local étudiant à l’Université Concordia (mars 2024);
  • les campements illégaux à l’Université McGill et l’explosion de l’antisémitisme sur les campus.
  • le blocage de participantes et participants à un événement juif dans l’arrondissement Côte-des-Neiges au siège de la Fédération CJA (mars 2024), suivi le lendemain de marches devant la synagogue Spanish & Portuguese, laquelle a été fondée en 1768 et compte parmi les plus anciennes institutions religieuses de Montréal (mars 2024);
  • des menaces proférées à l’encontre de personnes juives montréalaises à Saint-Laurent (août 2025);
  • des manifestation agressives devant la synagogue Chevra Kadisha dans Côte-des-Neiges (mai 2025);
  • la pendaison d’effigies représentant des personnes juives (mai 2026);
  • le harcèlement et le vol visant des hommes juifs orthodoxes à Outremont et dans le Mile End (juillet 2026);

ATTENDU QUE le Service canadien du renseignement de sécurité avertit de l’existence d’une ingérence étrangère persistante et omniprésente au Canada et que certaines preuves de cette ingérence sont maintenant rendues publiques : (1) lors d’une récente audience de détermination de la peine devant la Cour du Québec, l’homme qui a plaidé coupable d’avoir lancé des engins incendiaires contre une synagogue et un centre communautaire de Dollard-des-Ormeaux en 2024 a déclaré avoir accepté un contrat de 15 000 $ pour viser ces institutions juives; (2) en juin 2026, l’auteur de la tentative d’incendie criminel contre une synagogue de Westmount avait en sa possession un walkie-talkie; et (3) les coups de feu tirés contre une synagogue et le consulat américain à Toronto en 2026 semblent liés à un réseau de « tireurs à gages »;

ATTENDU QUE, depuis le 7 octobre 2023, des incidents incluant parfois des appels à la violence, des discours haineux ainsi que des symboles glorifiant des actes ou organisations désignées terroristes, ont eu lieu à travers l’agglomération de Montréal, parfois à proximité d’institutions de la communauté juive, soulevant des préoccupations au sein de la population quant à la sécurité publique et au traitement équitable de toutes les communautés;

ATTENDU QU ’il a été démontré que les discours violents et extrémistes mènent à la violence physique;

ATTENDU QUE la banalisation de la rhétorique haineuse, le recours à des tactiques d’intimidation, les discours violents, l’incitation à la violence ainsi que la glorification ou la promotion du terrorisme ou de la violence politique n’ont pas leur place dans les villes de l’agglomération de Montréal et sont fondamentalement incompatibles avec les valeurs d’une société démocratique et pacifique;

ATTENDU QUE les campagnes d’intimidation, le ciblage fondé sur l’identité et l’importation de conflits étrangers ont pour effet de diviser les résidents et résidentes selon des lignes ethniques, religieuses ou nationales, d’affaiblir la cohésion sociale et de fragiliser l’identité civique commune dont dépendent les institutions démocratiques de l’agglomération de Montréal;

ATTENDU QUE les élus de l’agglomération de Montréal ont la responsabilité de veiller à ce que toute déclaration ou résolution municipale se basent sur des faits et respectent l’ensemble des communautés concernés afin de s’assurer de maintenir la cohésion sociale et les relations entre les communautés de l’agglomération de Montréal;

IL EST RÉSOLU : par le maire David Tordjman Et appuyé par le maire Michael Stern

QUE le Conseil de l’agglomération réaffirme son engagement à préserver un territoire où toutes les personnes résidentes peuvent participer pleinement à la vie publique sans craindre la haine, l’intimidation, le harcèlement ou la violence;

QUE le Conseil d’agglomération déclare que la montée actuelle de l’antisémitisme est inacceptable et qu’elle menace la sécurité de l’ensemble des résidents de l’île de Montréal, en particulier celle des membres de la communauté juive de Montréal;

QUE le Conseil de l’agglomération condamne toutes les formes d’antisémitisme, de racisme, de haine religieuse et d’intimidation fondée sur l’identité, et qu’il reconnaît que de tels actes portent atteinte non seulement à leurs victimes directes, mais également au tissu social montréalais dans son ensemble;

QUE le Conseil de l’agglomération réaffirme sans équivoque que toute personne résidente de l’île de Montréal a le droit de fréquenter son école, son établissement d’enseignement supérieur, son lieu de travail, son lieu de culte, les institutions communautaires, les commerces et les événements publics sans faire l’objet d’intimidation, de harcèlement, d’entrave ou de violence;

QUE le Conseil de l’agglomération exprime son appui au Service de police de la Ville de Montréal ainsi qu’à l’ensemble des partenaires en matière de sécurité publique dans l’application cohérente, impartiale et non sélective des lois et des règlements municipaux en vigueur, conformément à la Charte canadienne des droits et libertés, à la Charte des droits et libertés de la personne du Québec ainsi qu’à la dignité et aux droits constitutionnels de chaque personne résidente;

QUE l’agglomération de Montréal évalue les mesures nécessaires afin que tout le personnel concerné en matière de sécurité publique reçoive une formation appropriée leur permettant de reconnaître et de prévenir l’antisémitisme et d’y réagir efficacement;

QUE l’agglomération de Montréal priorisent les questions relevant de leur compétence ainsi que sur les conséquences locales concrètes de leurs décisions en privilégiant la sécurité publique, l’égalité de traitement, les faits vérifiables et la coexistence pacifique, dans l’intérêt de la cohésion sociale.

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